
Date:
Author:
Elise Hariot
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Émotions
Comment la lumière participe à l'expérience émotionnelle
La lumière opère sur l'émotion (e motion : en mouvement) par un mécanisme que la plupart des discours sur l'éclairage ignorent complètement : elle ne s'adresse pas d'abord à l'œil, elle s'adresse au corps. Avant toute perception consciente, la rétine transmet l'information lumineuse à l'hypothalamus, qui régule le rythme circadien, la production de cortisol et de mélatonine.
Une lumière froide en fin de journée maintient un état d'alerte physiologique alors même que le discours conscient dit "il est l'heure de se détendre". C'est la première fracture entre lumière fonctionnelle et lumière émotionnelle : la fonctionnelle éclaire la tâche, l'émotionnelle prépare l'état.


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Direction
Une lumière zénithale, plate, uniforme, produit une neutralité qui confine à l'absence. Une lumière rasante ou latérale crée du relief, donc de la lecture, donc de la présence des objets, des visages, de paysages.
C'est la différence entre un espace qu'on traverse et un espace qu'on habite. Le cinéma sait l'utiliser parfaitement : la direction de la lumière raconte la scène avant que les personnages ne parlent. Nous pensons à l'oeuvre cinématographique de Quentin Tarantino, à la peinture du maître Italien Le Caravage, ou à la version française avec Georges de la Tour, ou encore à la néerlandaise avec Rembrandt.

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Contraste
Un espace uniformément éclairé n'a pas de hiérarchie, donc pas de récit.
L'œil (et l'attention) a besoin de zones d'ombre pour que la lumière signifie quelque chose. Un très fort contraste crée de la tension, du mystère, parfois de l'inconfort. Un contraste doux crée de l'intimité. Le degré de contraste est un choix narratif choisi.

004
Horloge interne
La lumière a une fonction bien plus primitive que celle d'éclairer une tâche : celle de dire au corps où il se trouve dans le temps. Bien avant qu'elle n'informe l'œil, elle règle notre horloge interne, elle autorise ou empêche le repos, elle prépare l'éveil ou le retient.
Ce que l'on nomme esthétique n'est donc pas un "plus" décoratif ajouté au fonctionnel. C'est la strate la plus profonde de la fonction, qui agit avant que l'on sache que l'on perçoit.
Orchestrer le passage de l'une à l'autre, celle qui régule et qui agit sur des cycles longs que le corps ne discute pas, et celle qui manifeste, qui raconte, qui crée du contraste.
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